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Master 200 GT : La passerelle entre le Yachtmaster et le Capitaine 200

Publié le 14 octobre 2020

Cette passerelle est, pour l’instant, rendue obsolète par le Brexit.

L’accord de commerce et de coopération entre l’Union Européenne et le Royaume- Uni ne prévoit, à ce jour, pas de reconnaissance mutuelle des brevets. Cependant, les titulaires de visas de reconnaissance donnés avant la fin de cette période de transition pourront continuer à exercer sur des navires français jusqu’à la péremption de leur visa (5 ans). À moyen terme, la Commission Européenne pourrait prendre un acte reconnaissant aux États membres le droit de signer des accords mutuels avec le Royaume-Uni conformément aux dispositions de l’article 19 de la directive 2008/106/CE.

Affaire à suivre …

Source : Communication de la Commission Européenne sur le retrait du Royaume-Uni dans l’UE et les règles applicables au transport maritime – 3. Qualifications des gens de mer.


Les titulaires d’un Yachtmaster peuvent, en utilisant la passerelle de l’examen oral du Master 200 GT, prétendre à un visa de reconnaissance de la France leur donnant les mêmes prérogatives qu’un Capitaine 200.

Le diplôme de Yachtmaster est un brevet anglais, dispensé par la Royal Association Yachting (RYA).

Le Royaume-Uni étant signataire de la convention STCW, il peut délivrer le titre de Yachtmaster STCW Endorsed. En théorie, si le titre de Yachtmaster est « STCW Endorsed », le skipper titulaire pourra obtenir le bénéfice de la reconnaissance des titres STCW entre États partis signataires de la convention STCW, sous réserve de l’obtention d’un visa de reconnaissance ou de la mise en place d’un accord de reconnaissance bilatérale entre pays. 

Cependant, la France (signataire de la convention STCW) ne reconnaît pas à ce jour le Yachtmaster « STCW Endrosed », en tant que tel et ne délivre, par conséquent, aucun visa de reconnaissance. Les skippers le possédant ne sont donc pas autorisés à exercer sur un bateau battant pavillon français. Cela peut être source de frustration pour les skippers qui se voient refuser des opportunités d’emplois.

Pour permettre aux titulaires d’un Yachtmaster de manœuvrer sur des bateaux français, il leur faut obtenir un nouveau brevet : le MCA Master 200 GT; qui lui est reconnu par la France et peut faire l’objet d’un visa de reconnaissance.

Avec un Yachtmaster, le brevet de Master 200 GT est facilement obtenable.

Le Master 200 GT est la passerelle entre le Yachtmaster et le Capitaine 200. Sans un Master GT MCA, il est impossible de prétendre à un visa de reconnaissance de la France.

I. Qu’est-ce que le Master 200 GT MCA ?

Le Master 200 GT est un diplôme STCW anglais reconnu par la France par la délivrance d’un visa de reconnaissance.

Le MCA Master 200 GT est très similaire au Yachtmaster Offshore. De ce fait, il peut être utilisé par des skippers sur des navires jusqu’à 200 GT ou par des officiers chefs de quart sur des navires jusqu’à 500 GT.

Le Master 200 Gt peut être « Limited », permettant une utilisation jusqu’à 150 Nm des côtes, ou « Unlimited » pour une utilisation sans limites de distance.

Les skippers doivent compléter leur diplôme avec un certificat GMDSS. Celui-ci peut être soit un GMDSS CRO (certificat restreint d’opérateur) qui limite l’activité en zone A1 GMDSS, ou bien un GMDSS CGO (certificat général d’opérateur) qui permet une utilisation sans limites de distance.

Un certain nombre de conditions préalables sont exigées de la part du marin qui souhaite obtenir cette passerelle, que voici.

II. Obtenir l’examen complémentaire du Master 200 GT MCA

A. Prérequis pour obtenir cette passerelle :

Tout d’abord, pour pouvoir utiliser cette passerelle entre le Yachtmaster et le Master 200 GT, certains prérequis sont nécessaires :

  • Avoir plus de 18 ans
  • Avoir accompli 6 mois de service en mer avec un RYA Yachtmaster, ou IYT Master of Yacht limited
  • Détenir un RYA Yachtmaster offshore out un IYT Master of Yacht limited commercially endorsed
  • Avoir le certificat d’aptitude médicale ENG1 valide
  • Avoir le CFBS comprenant les différents éléments STCW obligatoires :
    • Techniques individuelles de survie (TIS)
    • Formation de base à la lutte contre l’incendie
    • Premiers secours élémentaires (EM 1)
    • Sécurité des personnes et responsabilités sociales
  • Avoir un certificat d’opérateur : le GMDSS ROC ou GOC
  • Avoir le certificat opérationnel HELM (Leadership et gestion de l’élément humain)
  • Enfin, réussir l’examen oral (voir plus bas le contenu de l’oral) du MCA Master 200 GT. Il n’y a pas de cours de préparation MCA ou RYA pour l’examen oral Master 200. Le programme de l’oral est : navigation, IRPCS, météorologie, cartographie, les affaires et la loi MarPol, les procédures Bridge, etc.

Par ailleurs, les candidats doivent remplir un avis d’admissibilité (NoE) et l’envoyer au MCA. On vous recommande de prévoir au moins 28 jours avant que votre dossier ne soit traité. Les examens oraux ont lieu dans les bureaux du MCA.

Examen passerelle Master 200 GT pour exercer en France

B. Contenu de l’examen oral Master 200 GT :

Plus précisément et pour mettre toutes les chances de votre côté, voici un résumé du contenu de l’examen MCA Master 200 GT.

1. Planifier et effectuer un passage (carte et instructions de navigation, listes de feux, tables des marées, avertissements radio)

  • Connaître le système IALA de balisage maritime A et B
  • Identifier et analyser les limites et sources d’erreur des cartes électroniques et des systèmes de navigation
  • Savoir utiliser Radar et ARPA (utilisation pratique, mode de fonctionnement, limitations et sources d’erreur, y compris les techniques de base de traçage radar)
  • Connaître l’application de la variation et de l’écart pour convertir le cap vrai en cap compas, et comprendre les causes fondamentales de la variation et de la déviation.
  • Repérer la position du navire sur la carte en fonction des relèvements magnétiques et/ou des portées radar, position par latitude et longitude
  • Trouver le cap magnétique à diriger et l’ETA d’une destination donnée étant donné la position de départ et la vitesse d’enregistrement
  • Identifier les transits et les marques de compensation de la carte afin de planifier une approche sûre pour un port ou un mouillage
  • Énoncer et expliquer la signification des symboles et des abréviations des graphiques et usages communs
  • Savoir comment obtenir et utiliser les avis hebdomadaires aux navigateurs afin de corriger les cartes
  • Rechercher le temps des hautes et des basses eaux et prédire les hauteurs et/ou les temps intermédiaires pour les ports standards et secondaires
  • Trouver et prévoir le jeu et le taux de la marée à partir des points de référence des marées sur la carte, et atlas des courants de marée

2. Météorologie

  • Connaître les sources d’informations météorologiques
  • Interpréter les prévisions météorologiques, y compris la connaissance des caractéristiques des diverses conditions météorologiques
  • Utiliser et interpréter les informations obtenues à partir des indications météorologiques embarquées

3. Maintenir une veille de navigation sûre

  • Justifier d’une connaissance approfondie des principes de la surveillance de la navigation en mer, y compris la surveillance au mouillage; comme code STCW A-VIII et guide des procédures du pont ICS
  • Comprendre l’utilisation de l’équipement de pont, y compris l’échosondeur et Navtex
  • Connaître les systèmes de commande de direction, y compris le pilote automatique et le fonctionnement de la commande manuelle à la commande automatique et vice-versa
  • Tenir des registres de navigation
  • Connaître les circonstances dans lesquelles le capitaine devrait être appelé au pont
  • Connaître les principes de remise et de relève du quart à la passerelle

4. Règlement international pour prévenir les abordages en mer (ColRegs)

  • Justifier d’une connaissance approfondie des ColRegs comprenant les exigences : pour procéder à une vitesse sécuritaire, garder un œil et reconnaître les feux et les formes, ainsi que les signaux de brume pour toutes les classes de navires, reconnaître les signaux sonores de manœuvres et les signaux lumineux. Reconnaître une situation de collision en développement par boussole, radar ou référence visuelle.
  • Énoncer les mesures à prendre de jour comme de nuit pour éviter les collisions. Décrire les précautions à prendre lors de la navigation dans ou à proximité de zones de visibilité réduite; évaluer la probabilité de collision d’un navire détectée par le radar seul et les mesures à prendre pour éviter une collision. Décrire les exigences relatives à la navigation dans les schémas de séparation du trafic ou à proximité. Décrire la nécessité de naviguer dans des canaux étroits.
  • Répondre aux urgences, sécurité opérationnelle et contrôle de la pollution

5. Signaux de détresse et communication

  • Énoncer les conditions dans lesquelles les signaux de détresse peuvent être utilisés; comprendre les différents types de signaux de détresse, les mesures à prendre à la réception et les obligations d’assistance.
  • Connaître l’utilisation correcte de la pyrotechnie, des EPIRBS et des SARTS, y compris les circonstances appropriées pour leur utilisation
  • Comprendre les procédures de communication de détresse correcte, y compris les termes messages Mayday, PanPan et Sécurité
  • Communication d’urgence avec les règlements du SMDSM

6. Manœuvres du navire

  • Connaître les étapes de préparation à la mise en route, tâches avant de se rendre en mer, mise à quai, entrée dans un quai, accostage le long des quais, jetées ou d’autres navires; arrimage aux bouées
  • Savoir utiliser et entretenir les amarres et les équipements associés
  • Savoir utiliser le gouvernail commande, escroquant le navire, connaître les effets des hélices sur la direction du navire, les effets du vent et du courant, s’arrêtant, allant en arrière et tournant court
  • Agir en cas de défaillance de la commande du pont, du télégraphe ou de l’appareil à gouverner, y compris avec les dispositions de direction d’urgence
  • Connaître les procédures d’ancrage
  • Comprendre les précautions à observer lors de l’utilisation de treuils et de guindeaux
  • Comprendre les précautions à observer lors de l’amarrage et du désamarrage

7. Réponses aux urgences

Pouvoir répondre aux urgences en adaptant la posture selon les différents cas de figure :

  • Mesures initiales suivantes : homme à la mer, collision, échouement, inondation ou dommages mécaniques majeurs, évaluation et contrôle des dommages initiaux, protection du milieu marin
  • Prévention des incendies, de l’utilisation et de l’entretien des appareils de lutte contre l’incendie, de l’arrêt et de l’isolement des installations et de l’équipement, des appareils d’évacuation et de respiration, des plans d’incendie et de sécurité
  • Utilisation et entretien des appareils et équipements de sauvetage, y compris les combinaisons d’immersion et les aides de protection thermique, la pyrotechnie et les appareils lance-amarres
  • Lancement de radeaux de sauvetage et de bateaux de sauvetage; gréement adéquat des unités de largage hydrostatique des radeaux de sauvetage
  • Principes de base de la survie

8. Exigences de prévention de la pollution

  • Connaître les bonnes pratiques de prévention de la pollution dans les ports et en mer, ainsi que les mesures à prendre pour prévenir la pollution lors du soutage
  • Savoir agir en réponse aux incidents de pollution dans les ports et en mer
  • Connaître les bases de la gestion des déchets et de l’élimination des déchets et résidus d’huile

9. Navigabilité du navire

  • Comprendre les principes fondamentaux de l’intégrité étanche à l’eau et la fermeture de toutes les ouvertures, y compris les trappes, les trappes d’accès et les portes étanches
  • Comprendre la différence entre une bonne stabilité et une mauvaise stabilité, et reconnaître les signes d’avertissement de cette dernière
  • Décrire l’effet sur la stabilité :
    • D’augmenter et réduire les poids
    • D’un franc-bord bas
    • De l’obstruction des dispositifs de dégagement du pont et des dalots
    • De réservoirs lâches
  • Préparatifs pour les intempéries, assurer et maintenir une étanchéité à l’eau.

10. Affaires et droit

  • Comprendre le contenu et l’application des codes applicables, à savoir le «Code commercial des petits navires 1» et le Code du grand yacht commercial (LY3) 2
  • Connaître le Code de pratiques de travail sécuritaires pour les marins marchands 3, son contenu et son application pratique
  • Connaître les exigences relatives aux forages et aux exercices, y compris les exercices d’incendie, d’urgence et d’abandon de navire
  • Comprendre l’obligation légale d’assurer un navire en état de navigabilité
  • Connaître les bases des lois du sauvetage
  • Comprendre les exigences relatives à la sécurité des effectifs, aux heures de travail et à la veille
  • Repérer les circonstances dans lesquelles un navire nécessite un accord d’équipage

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III. Demander un visa de reconnaissance pour exercer en France

Une fois le Master 200 GT obtenu, le titulaire peut faire une demande de visa de reconnaissance auprès de l’autorité compétente.

Le visa de reconnaissance atteste des compétences du marin à exercer des fonctions équivalentes à son brevet dans des pays étrangers.

A. Comment constituer le dossier de demande de visa de reconnaissance ?

Pour obtenir un visa de reconnaissance, vous devez constituer un dossier avec les pièces suivantes :

  • Le CERFA de demande de visa, dûment complété et signé,
  • Une copie de vos brevets de marin, en cours de validité, visés par l’administration du pays de délivrance (ici le Master 200 GT), avec la référence STCW du titre,
  • Le certificat d’aptitude physique, délivré depuis moins de 2 ans par un médecin habilité du pays de délivrance du brevet ou par un médecin des gens de mer français,
  • Une photo d’identité.

B. Auprès de qui adresser la demande de visa de reconnaissance ?

La demande de visa de reconnaissance doit être formulée par le marin ou l’armateur du navire sous pavillon français sur lequel le marin, détenteur du titre concerné, est embarqué.

Cette demande est adressée au service « emploi – formations maritimes » de la DIRM d’une DDTM de la façade maritime sur laquelle le navire évolue (DIRM-Méditerranée par exemple si le navire sur lequel embarque le marin est armé dans un des départements de la façade méditerranéenne).

C. Exercer en France avec son visa de reconnaissance

Une fois la demande validé et le visa de reconnaissance obtenu, les autorités françaises attestent que le titre étranger détenu par le marin correspond à un niveau de fonction équivalent dans la réglementation française.

Par la délivrance de ce visa la France autorise donc son titulaire à exercer sur pavillon français pour une durée limitée de 5 ans. Si le titre reconnu arrive à échéance plus tôt, cela entraîne également la péremption du visa de reconnaissance.

Le renouvellement du visa de reconnaissance doit faire l’objet d’une demande explicite.

Remarque 1 : L’obtention d’un visa de reconnaissance ne donne pas droit pour autant à la délivrance du brevet français équivalent et aux droits afférents dans la réglementation française. (ex : obligation de détenir un brevet français pour l’accès à une formation supérieure).

Remarque 2
: L’obtention d’un visa de reconnaissance ne suffit pas à un marin étranger, pour pouvoir exercer le commandement d’un navire français. Pour cette fonction précise, le marin étranger devra, par ailleurs, être évalué par un jury national. Ce jury national, présidé dans sa formation « commerce » par le DIRM examinera les connaissances de l’officier en langue française et en réglementation maritime nationale.

Conclusion

En résumé, pour travailler en France ou sous pavillon français, le titulaire d’un Ycahtmaster STCW Endorsed doit :

✅ Obtenir le Master 200 GT en validant l’examen oral du Master 200 GT
✅ Une fois le Master 200 GT obtenu, effectuer une demande de visa de reconnaissance auprès de l’autorité compétente.
✅ Lorsque le visa de reconnaissance est délivré au marin, il peut alors exercer pendant 5 ans en France.

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